vendredi 21 octobre 2011

Pour laisser une trace. (31 décembre 2010)

Dans le fond, le but de vivre est de laisser une trace.

Elle peut être amour, déception, tristesse, réussites et échecs.  Elle peut même être tout cela à la fois.

Elle peut être souvenirs, projets, fous rires et accomplissements.  Elle peut être futile, éphémère ou permanente.

Elle peut être intime ou d'ordre publique.  L'important, c'est qu'elle soit.

Ces mots, ils me hantent depuis que je sais que tu es parti sans que je ne puisse te saluer ou voir de mes yeux le bolide qui te mènerait vers ton dernier repos.  Merci Jeune Homme.  Je te déteste de me laisser seul avec mes souvenirs mais t'adore de me les avoir offerts.

Je redeviendrai celui que j'ai aimé voir à travers toi ...

Le déni. (19 d/cembre 2010)

Si vous vous rappelez bien, j'ai déjà introduit sur ce blogue ma théorie des lunettes et des chapeaux.  Je pensais avoir rangé mes lunettes roses dans le premier tiroir de ma commode des vieilles reliques du passé, mais je me rends compte qu'ils venaient en spécial 2 pour 1 avec les verres de contact du déni.

Pis ces verres de contact, je les porte pas mal trop à mon goût.  On dirait qu'ils me donnent l'impression d'être doté d'un pouvoir sur les choses.  Si je n'y pense pas, ça arrivera pas.  Comme dans les films où le frigo est toujours plein mais où on les voit jamais perdre leur temps dans la file de l'épicerie pré-nowel avec ton pain, parce que toi, tu le sais qu'ils vont être ouvert le 26 décembre!!!

Je dénise (j'aime ce verbe qui symbolique l'action de faire du déni et non un jolie prénom des années 50 comme Dénise filiatrault ou ben Dénise Bombardier) plus que je voudrais le faire je pense.  C'est ma fuite, ma porte de sortie.  Mon impression de supériorité sur les choses inévitables et non souhaitables de la vie.  J'ai pas fait mon paiement de char ce mois-ci.  DÉNI.  J'ai une glycémie en montagne russe.  DÉNI.  Je suis un ami poche plus souvent qu'à mon tour.  DÉNI.  Mais comment est-ce que l'esprit humain peut arriver à faire abstraction de plusieurs choses en se mettant en mode de déni?  C'est quand même fort que cela ne tourne pas systématiquement en obsession tout le temps ... Cela fait un temps et voilà que le remord fait sa place au déni.  Un déni avec un arrière-goût de culpabilité.  Un regret, mais extra crème!  Vous savez le genre de regret qui tombe sur le coeur.  Un regret fouetté à la chantilly.  Ça y est, je viens de prendre 3 livres.

Pour 2011, je voudrais mettre Dénise à la porte.  En fait, ça devrait juste pas exister le déni.  Mais le VIH non plus devrait pas exister, le cancer du foie non plus d'ailleurs.  (Sur ce, je me permets de dire ceci : Va chier le cancer.  Voilà.  Chose faite. )  Mais voilà, cela existe.  Rien de plus ni moins qu'un autre aléa de la vie avec lequel on doit composer.  Est-ce si mauvais de teinter notre vision de rose dans le fond?

Les pieds dans le vide. (1er décembre 2010)

Un film.  Celui de Mariloup Wolfe.  Je m'installe en fin de soirée d'un début de weekend anormal pour voir ce film qui a suscité tant de réactions dans mon entourage.  Bang.  Je suis moi aussi happé par la beauté de l'immensité.  Par les teintes de bleu céleste qui émane la liberté ou du moins cette quête de liberté. 
Parce qu'avoir les pieds dans le vide, c'est se lancer pour obtenir un tant soit peu de liberté.  Brasser les balises connues pour les troquer pour l'inconnu, mais cet inconnu qui nous séduit et qui nous effrait. N'est-il pas bizarre que séduction et effroi soient si intimement liés?  Y a une histoire qui me touche moi dans ce film.  Un personnage qui est venu m'extirper des larmes.   Ce plieur de parachute de Val d'Or, venu chercher sa propre identité, réclamer son droit d'être lui-même. 

Si vous avez vu le film, vous vous souviendrez de la scène de la caravane.  Pour plusieurs, une scène touchante, à la limite cheezy.  Pour moi, une lampée de souvenirs à saveur de déjà vu.  La honte et la peur.  Le stress de vivre sa vie tel que nous sommes.  La culpabilité d'y prendre plaisir.  Savoir que nous ne sommes plus le seul à savoir.  J'admire l'écriture de Vincent Bolduc sur ce point et le jeu d'Adam Kosch.

La caravane, c'est un sous-sol de la rue Charles.

Comme une douche froide. (18 novembre 2010)

Je l'ai vu ce matin.  Il était là, passif dans le reflet du miroir de la salle de bain, il veillait.  Il attendait que la flamme triste surgisse du remords et de la tristesse stagnante qui meuble mes réveils depuis plusieurs mois maintenant.  Mon reflet me faisait face.  Ma solitude me dévisageait. Les lendemains se sont effacés ne laissant place qu'à des esquisses d'hier. Car il y a longtemps que je n'ai pas tracé de plans.  Comme si l'usure du temps m'avait fait oublié comment me projeter vers moi, celui que je veux devenir.  Depuis plusieurs mois, je me projette pour fuir celui que j'ai été.  On m'a dit ce matin, que le malaise d'aujourd'hui ne sera qu'un souvenir dans 5 ans.  Cinq ans.  Cinq Noëls, la moitié de ma trentaine, à mi-chemin de la quarantaine.  Ce matin, j'ai entrevu une fin et cela m'a fait peur.  Certains ont pris leur douche ce matin pour préparer leur journée, moi j'ai pris une douche froide pour préparer mon avenir ...

Quand les mots d'un autre deviennent nôtres. (18 novembre 2010)


Pour l'amour qu'il nous reste

Paroles : Jean Véronneau et Francine Raymond.
Musique : Christian Péloquin et Francine Raymond.
1989
Les Éditions Francine Raymond et Les Éditions Dernière Minute.

Temps dans le lit défait des rivières fatiguées
Temps dans le ciel muet comme un grand glacier
Quelle chanson quelle saison calmera la pluie sur la terre brûlée

Je ne sais pas le temps seul soufflera
Au-delà des tranchées que l'on creuse en silence
Le vent se lève comme dans un mauvais rêve
La terre crève et soulève des rivières de sang

Temps dans les villes glacées de la misère cachée
Temps dans les rues vidées comme des forets tombées
Quelle chanson quel saison calmera la pluie sur la ville oubliée

Je ne sais pas le temps seul soufflera
Au-delà des tranchées que l'on creuse en silence
Le vent se lève comme dans un mauvais rêve
La terre crève et soulève des rivières de sang

Temps pour l'amour qu'il nous reste

Temps dans le lit défait des rivières fatiguées
Temps dans le ciel muet comme un grand glacier

Il faudrait beaucoup d'amour et de temps
Pour endormir la mort qui nous guette au tournant
Le vent se lève comme dans un mauvais rêve
La terre crève et soulève des rivières de sang

Temps pour l'amour qu'il nous reste
Temps, temps pour l'amour qu'il nous reste
Temps pour l'amour qu'il nous reste
Temps, temps pour l'amour qu'il nous reste
Temps pour l'amour qu'il nous reste


S'échapper. (15 novembre 2010)

S'échapper, ce n'est pas que synonyme de fuite, ni même une façon populaire de parler de neurésie. 

S'échapper, c'est plutôt se perdre au détriment de soi.  Lorsqu'on se tient à bout de bras, il arrive qu'en haut de la falaise, on se laisse soi-même tomber dans l'abîme.  Serait-ce par peur de tomber que l'on se force à tâter la rudesse du sol?  Et à quoi bon se limiter à une échappée quand on peut s'endurcir à coups de mini chute.

L'autre soir, j'ai vu une pièce de théâtre où la protagoniste avait échappé son chum.  Il était mort par échappement.  Tellement de peine et de colère dans la perte de contrôle.  Dans le manque de contrôle.  Échapper, c'est reconnaître notre faiblesse.  C'est aussi se choisir au détriment de maintenir un statut quo qui nous tient en haleine plus qu'autrement.

Des fois, je me demande si la vie n'est pas un puzzle que nous nous amusons à refaire et refaire sans en être jamais venu à bout.   Comme un projet, l'esquisse d'une finalité.  Mais la vie est un long fleuve tranquille et non pas une flaque stagnante.  Le débit de cette vie est un pouls continuel vers demain.

S'échapper, c'est aussi ouvrir ses mains pour mieux se reprendre!

Comme une longue ligne du temps. (7 novembre 2010)

C'était pourtant si simple. Quelques amis, une feuille de papier, un crayon et un monde de souvenirs.  Une tête aussi pleine que le coeur peut être empli de peut-être et de qui sait. Les choses changent, mais pas l'amitié. Stable, belle et réconfortante. Rien de plus, rien de moins.