samedi 7 septembre 2019

Mistral Gagnant

Je le sais. Ce blogue est devenu un dialogue plus qu’un éditorial. Une conversation a sens unique qui n’a justement pas de sens. Mais elle me fait du bien cette jasette. Elle vaut bien toutes celles sans but dans les bars que j’entretiens depuis quelques mois. Parce que je t’entends me répondre. Peut être la seule façon que j’ai que de me souvenir de ta voix. Parce que le temps t’emporte avec lui. Comme le rire des enfants.

Francis a décidé d’aller te rejoindre la semaine passée. Un autre triste départ. Trop tôt. Trop jeune. Trop toute. Dis moi que de là-bas tu as tenté de le dissuader de poser ce geste. Que tu lui as dit que tu t’étais trompé. 
Que tu regrettais de nous avoir autant blessé. 
Que ta mort en avait fait bien d’autres. 
Que tu ne voulais pas ça pour lui. 

30 ans calvaire. Une maîtrise toute fraîche en mains. Un avenir. Du temps.  Joe est anéanti. Max détruit. Ils ne sont plus que deux de votre quatuor à porter toutes vos peines, à avoir le poids de se souvenir. Pour vous quatre. C’est pas correct les gars.

Et même moi, à 509 km de tout ça, ça ne fait que réouvrir plus grande la plaie qui ne finit pas par guérir. 
Ça me rappelle combien il est douloureux de perdre. 
De sentir la vie perdre son sens. 
Parce qu’on va se le dire Babe, ça pas de calisse de bon sens ce que vous avez faite. Je sais, tu me l’as écrit. Mais calvaire, fallait penser aux autres un minimum. Même dans ta mort, tu blesses autant. 

Pis vous pensez que ça nous fait quoi à nous qui restons. C’est supposé nous faire aimer la vie davantage? Nous faire réaliser combien c’est précieux, fragile? Ben non estie. Je vais te le dire ce que ça fait. Ça fait juste nous donner l’idée que c’est peut être plus facile de choisir de renoncer. Nous dire qu’on mérite pas de vivre cette peine provoquée, parce qu’elle fait juste s’ajouter au lot de peines que la vie nous impose déjà. La vie c’est pas Dangerous Mind colisse. Y a pas de morale réparatrice à la fin sur un air de Coolio. 
Y a juste de la peine. 
Y a juste le manque. 
Y a juste le vide. 
Le vide. Ce putain de sentiment qui nous habite même endormi. 

Laisse moi parler, j’ai pas fini. Tu auras toutes mes nuits pour venir me hanter. M’expliquer le pourquoi du comment avec ton jargon de psy. Pour le moment, je te poivre! PP my love, savais tu que tu créerais ainsi un précédent? T’es pas mieux que ton père au final. Tu auras toi aussi causer la mort de quelqu’un. Pas la même histoire, pas la même arme. Mais ta mère n’a pas souffert 10 mois elle. Francis lui, oui! Je t’en veux tellement. On me disait que la rage et la colère étaient des étapes normales du deuil. Pour moi, ce sont pas des étapes du deuil. Ce sont le deuil dans sa totalité. Parce que c’est tout ce qu’il y a. Rien de plus. Sauf le vide. Le crisse de vide. 

Je t’ai écouté tu sais. J’ai lâché prise un minimum. Me suis éloigné de mon stress pour me rapprocher de moi. De l’eau. De l’Est. Mais tu sais quoi? Y a rien icitte, même pas moi. Du matin au soir, tu me hantes. Et la nuit, tu me tues. Mon cancer au final, c’est toi.  Le méchant, c’est pas moi. 

mardi 27 août 2019

Le mal de l’être

Ok. Beaucoup de bouleversements. La vie va trop vite. L’odeur de mort aussi. Je vous entends me dire de me calmer, qu’on en est pas là, que la perte d’un œil ce n’est pas la fin de tout. Mais je ne me sens tellement pas bien dans mon coeur depuis 1 mois. Comme si je savais que mon nouveau locataire lorgnait la propriété de mon être. Et ça me fait mal cette fois-ci. Plus que les autres fois. Par manque de solidité peut-être? Tout simplement par épuisement et résignation aussi... 

Dans 1 mois jour pour jour, tu seras parti de ma vie sans crier gare. Tu me l’as écrit et je t’entends me lire cette lettre en permanence. Tes mots résonnent : « ça va bien aller » me disais-tu. Tu me l’as écrit en fait car tu étais trop loin pour me le dire. Pour me le souffler à l’oreille. Mieux qu’un « je t’aime ». Une promesse d’éternité hors de ton contrôle. Mais tu es parti. Et j’ai désormais peine à croire...

Peine à croire que je vais m’en sortir sans trop de heurts. 
Peine à croire que ça va bien aller.
Peine à croire que je vais passer au travers seul cette fois.

Parce que la vie ne cesse de me rappeler que j’ai choisi la solitude au pays des vents et du temps. Que l’être aimé est impossible. Que la main qui me flatterait le dos pendant que je vomis ma vie n’existe pas. N’existe plus. Et c’est ce qui me blesse le plus je pense. Une cicatrice sans fond. Sans guérissures. Une plaie infinie.

Et que me reste-t-il à espérer maintenant? Tout ce que je vois, c’est la peine.
La mienne.
La leur.
Mais c’est la tienne que je voudrais. Juste la tienne.

Ça me tue. Tout simplement. Encore et encore.  Des fois je me dis que ce n’est pas seulement ta vie que tu t’es enlevé. Mais une partie de la mienne aussi. Celle qui était forte pour nous deux. 

T’as pas idée comme j’aimerais tant recevoir un texto de PP my love. 
Un Yo! comme signe de bonjour. 
Un i2 en guise de Je t’aime  aussi. 
Un Je le sais comme écho à ma tristesse. 

Je sais que tout cela est impossible. Que même dans mes rêves tu te fais de plus en plus rare depuis quelques temps. Comme si le temps faisait son œuvre. Mais je ne lui ai rien demandé moi à ce temps. J’arrive à peine à me souvenir de ta voix. J’ai perdu ton dernier message sur ma boîte vocale récemment. Un oubli de ce que changer de fournisseur mobile impliquait. Je comprends mieux la détresse de ces clients qui me faisaient des plaintes en ce sens et à qui je disais comprendre leur peine. Ostie que je comprenais rien. Jeune écervelé que j’étais. Jeune et con. Maintenant je sais...

Le cancer, c’est de la marde. 
Inexplicable. 
Intolérable. 
Intangible. 
Intense. 
Interminable.

Ce soir, j’espère m’endormir avec mes nausées dans le seul espoir de te rejoindre l’espace d’un rêve. Pis si jamais tu venais pour me chercher, je pense que je te suivrais. Juste pour que tout cesse. Une fois pour toute. Mais jamais je ne ferais aux miens ce que tu as osé me faire. Certes je n’ai pas su t’entendre. Je t’ai fait mal. Je t’ai blessé. Je l’ai bien compris. Mais s’il te plaît, arrange toi pour qu’on me laisse tranquille un peu. Je ne peux pas fuir plus loin. Je ne peux plus espérer davantage. Je n’en peux tout simplement plus.

Pierre-Paul. Je t’ai aimé et t’aimerai toujours. Autant que je te hais. Alors, imagine à quel point je t’aime...

Murmure moi que tout cela va bien aller... 

mardi 6 août 2019

Le grand retour.

Et voilà. Sans crier gare, te revoilà de retour par la grande porte. Tu ne t’es pas annoncé, mais ce genre de visite, on le sent. On se lève un matin pis on se dit : me semble que ça fait longtemps que je n’y ai pas pensé. Comme un ex ou un vieil ami dont on n’a pas eu de nouvelles depuis plusieurs années et qu’on croise fortuitement au centre d’achat. Comme si la vie nous y préparait à sa façon. Sournoise. Inattendu mais ô combien prévisible.

Deux heures de route aux aurores pour me faire dire ce que je savais déjà. Tu as convaincu une amie de te joindre à toi. Bien installé sur ma vision du futur. Mon déménagement à 500 km pour te fuir m’aura encore une fois rapproché de toi,

Mais je suis tanné de toi. De vous maintenant. J’abandonne. Je baisse les bras. Prenez ce que vous avez à prendre. Je me chargerai de gérer le reste.

Pourvu qu’il y ait du reste ...

lundi 29 juillet 2019

Les peines d’amitié

... sont pires que les peines d’amour!

J’en ai eu quelques unes dans la vie. Certaines pires que d’autres. Des liens de toxicité dont il est souvent préférable de s’éloigner.

Mais certaines font plus mal que d’autres. Celles que l’on croyait plus vraie que vraie. Des bromances pour lesquelles on changerait de vie. Littéralement. Croyez-moi, je sais ce dont je parle.

Découvrir qu’on estime le lien plus que l’autre. Que l’on fighterait plus que l’autre. Que l’on tuerait plus que l’autre. Et finalement. On découvre qu’on est dans la colonne de Zone C comme ami.  Décevant. Triste. De quoi être en tabarnak.

Comme je vous disais, la toxicité du lien des fois réussit à nous aveugler. À nous laisser croire à une solidité quand dans le fond, ce n’est qu’une illusion de classe A. Ce soir, j’ai de la peine. Je me sens comme une petite conne sur Tinder. Tsé, celle à qui on jase au cas qu’on serait tout seul le vendredi soir. Un plan de secours.  Ben des fois la petite conne, elle y a cru. Je suis clairement une petite conne. 24 ans maximum. Rien de bien valide, rien de bien solide.  Juste une conne. Rien qu’une conne.  Je l’ai tu dit que je me sens comme une conne. Lol 😂 

Et maintenant, on fait quoi? On jette le tout avec l’eau du bain? On passe à autres choses comme si le mercredi tournait au jeudi.  Aussi simplement que ça?  On dit ce qu’on ressent? Question d’être la conne que l’on flushe en haut de la montagne? Y en est juste pas question.  Le hic, c’est que des fois le module « orgueil » doublé du système « fierté » est toujours en action.  Mes 38 ans hurlent le besoin de dire qu’ils ont vécu et qu’ils ont appris au cours du parcours.  Mais crisse qu’ils ne savent rien.  Crisse qu’ils n’ont rien vu aller.

Crisse que je suis une petite conne de 24 ans. 

vendredi 12 juillet 2019

Au sommet de la trentaine

Cette semaine, tu aurais eu 35 ans. Le top de la côte de la trentaine comme tu disais.  J’y étais quand nous nous sommes rencontrés au détour de cette bibliothèque de Rosemont. Mais tu n’étais pas là pour célébrer. Tu as fait l’autre choix. Et je te déteste encore pour ça.

Tu m’as laissé un message avant de partir. Tu me l’as écrit pour être certain que je ne l’oublie jamais. Comme si je pouvais oublier... Tu me demandais au détour de ta 3e page de faire le grand saut moi aussi, de tenter le vide pour une fois. Et bien pour ta fête, voilà ce que je me suis payé : le vide. Tout autour de moi. Et même de plus en plus dans ma tête.  Parce qu’il était plus que temps, parce que je ne le devais à moi même.

Je suis donc parti dans l’Est comme tu le sais. Pour une nouvelle vie. Pour une nouvelle job. Pour un nouveau moi.  Tout n’y est pas encore parfait. Parce que tout n’y est pas encore, tout simplement.

Ma demande ce soir est simple. Arrange toi pour que ce soit le bon choix. Pierre-Paul, je te promets de ne pas t’oublier. Promets moi de veiller. 
Simplement.

mardi 25 juin 2019

Le virage.

Et voilà que je me lance. Vers l’inconnu. Vers demain. Vers l’Est! Je viens de mettre fin à 10 années professionnelles au sein de la même compagnie. Un exploit dans mon cas. Une marque certaine ou une certaine marque. Je ne sais trop. Mais ce que je sais, c’est que je suis fier.

Fier de ce que j’aurai accompli en 10 ans...
Fier de l’homme que je suis devenu, avec mes imperfections et mes idéaux.
Fier de lâcher prise au final et de foncer vers l’inconnu
Fier de mon intégrité que je croyais morte
Fier de faire les choses à ma façon, de ne pas contribuer à la pièce de théâtre
Fier de miser sur les relations humaines sans intention

Mais surtout fier du courage que j’ai de faire table rase sur une vie qui ne me nourrissait plus. De faire un choix conscient pour moi, pour une fois.  Je vous entends me dire :  Ben oui JS, ça va durer deux semaines et tu vas revenir dans tes vieilles habitudes malsaines. Autant au boulot que dans ta vie perso...  Et bien, vous aviez raison. Mais là, je sens une autre vibe, comme si 2001 revenait de l’avant. Je renoue avec quelque chose que j’avais perdu et que je retrouve tranquillement dans le Bas du Fleuve. Un beau cadeau, merci la vie! 

Nos rêves ne sont des rêves qui si on ne se les permet pas! 

N’est-ce pas?

mardi 5 mars 2019

A-t-on le droit?

Ce soir, je te déteste. 
T’aurais dû être là. Pour moi.
Mais égoïstement t’as décidé de partir. 
De lever les feutres.  Pour toi.
A-t-on le droit de critiquer son absence à un suicidé?
De tenter de comparer sa peine à la sienne...
Pierre-Paul, ce soir, je te déteste.
T’avais promis.  J’avais omis.
Ce soir, je me déteste tout autant....