mercredi 28 octobre 2020

Le contentement ou le deuil du boeuf Angus.

Beaucoup de jus de caboche m’amène à réfléchir aux situations auxquelles j’attribue la responsabilité de ma peine. Mais aussi à évaluer quelques sont les patterns qui guident mes réactions, ma réflexion omniprésente depuis quelques semaines.  Un mot se détache du lot : le contentement.

Ceux qui me connaissez savez combien je m’accroche au choix des mots, mais aussi au ton et à l’intention.  Se contenter est pour moi synonyme de restrictions et d’obligations.  De confinement, mot à la mode en 2020 s'il en est un.  De manque d’options.  Ce n’est pas une vie à Kaboul sous les balles, c’est le manque de challenge.  L’absence de ups. Et même de downs. C’est le beige ultime dans toutes ses splendeurs. #not

Je constate que la vie me force à me contenter actuellement. T’as peut être plus ton dream job JS, mais au moins t’as une job.  Tu as peut-être encore quelques étapes de deuil à faire suite au départ beaucoup trop hâtif de Pierre-Paul, mais au moins tu es en vie toi! Peut-être ne t’aime-t-on pas en retour actuellement, mais au moins il ne te fuit pas.  Peut-être as tu encore quelques enjeux avec le cancer de ton œil, mais au moins c’est un cancer facile.  Peut-être que la vie te teste en te forçant des arrêts, des pauses non-planifiées, depuis quelques mois, mais au moins tu as des assurances.  Peut-être que le deuil de ta santé globale t'ouvrirait les yeux se dit-elle, ben l'oeil qui te reste en fait... Et j’en passe. Des tonnes.

Le contentement. Ne pas aspirer au meilleur parce qu’on ne subit pas le pire.  Je déteste ce sentiment. Au plus haut point.  Je ne sais pas si c’est l’obligation de se satisfaire du statut quo qui en découle ou bien le constat de mes propres limites.  Être en deuxième positon, une pièce de viande de catégorie A.  

Je veux plus.  
Je veux être du Angus.

Vous savez le genre de boeuf à 26 piastres la livre.  Pas une steakette de semaine.  Mais on dirait que la vie s'entête à m'envoyer le même mémo : pourquoi tu ne te contentes pas de ce que tu as? Pourquoi l'air du Bas St-Laurent ne te suffit pas?  Simplement parce que c'est l'air du large que je veux.  Point barre.

Mais le problème avec l'air du large pour un gars qui a perdu 80% de sa vision 3D, c'est le manque de profondeur.  Pourtant je sens que je m'enlise.  Pis profond à part de ça.  Je m'enlise dans ma colère aux couleurs de jalousie.  Ça goûte aussi.  Je mérite mieux, j'aspire à plus.  Mais j'en ai marre des revers et d'essayer de leur trouver du sens.  Un jour à la fois qu'on me dit.... bordel! Pu capable.  Je ferai quoi de ces heures qui ne reviendront plus.  Il me manque.  Ma vie me manque.

Je veux tellement être du Angus...

samedi 25 avril 2020

Le confinement.

Une quarantaine pour mes quarante ans. L’occasion parfaite pour prendre une pause, pour réfléchir. Ce ne sont pas les sujets qui manquent. Une pile de dossiers accumulés qui ne nécessitaient qu’un peu de temps et de jus de caboche. Des semaines pour mesurer l’étendue de ma solitude. Sa profondeur. Une tonne de sentiments et de rêves refoulés au profit d’une vie qui n’allait qu’au rythme du travail.  Mais que reste-t-il de moi au travers tout cela. Qu’en est-il de JS? 

Je constate que je suis encore plus que jamais épris d’amours impossibles. Forcé d’admettre que je ne suis pas le compagnon de vie de personnes. Riche d’amitiés certes. Richissime même. Mais je me surprends le soir à encore l’espérer près de moi quand c’est une autre qui en profite. Ce que je donnerais pour être celui qui partage son confinement. La valeur du temps qui passe est-elle aussi grande quand ce temps est vécu en solo? Je rêve de matins avec lui. De Netflix avec lui. De pain doré et de sushis en sa présence.  Je constate que je ne me suffis pas. Mais je dois m’y contraindre, me confiner dans ce qui est mon propre quotidien. Et c’est lourd.

Qu’en serait-il si je l’avais pour moi? Je ne sais même pas si je saurais en profiter. Clairement, je ne lui suffirais pas. Mais pour une fois, est-ce que ce rêve pourrait se réaliser que pour moi? Que pour valider l’étendue de mon fantasme?  Je ne parle même pas de sexe ici. Juste de présence. D’importance.  D’intimité du quotidien.  Mais en vain. Confinement ou pas.

Je ne suis réveillé cette nuit avec la conviction qu’il était étendu à mes côtés. Endormi. En confiance.  Mais mon lit était vide de sa présence, rempli de ma solitude. Qu’ai-je fait pour vivre ainsi? Je n’en dis pas que le couple est facile ces temps-ci. Probablement encore moins que je ne peux me l’imaginer. Mais ce temps qui nous est donné n’est-il pas un terreau fertile pour les projets? Pour nourrir demain?

J’angoisse a l’idée de voir les gens grandir de tout cela pendant que moi je stagne. Je l’imagine m’annoncer une grossesse, un bonheur à deux. Je suis enfermé ici, sans possibilité de forger un plan de remplacement. Cette solitude semble s’installer. Les jours passent et me laissent le goût amer d’une permanence en devenir. Je ne le veux pas. Je ne le vaux pas.

Et si seulement je pouvais être heureux pour elle. Elle ne m’a rien fait. Mais je ne l’aime pas. Limite de la haine mon affaire. Juste parce qu’elle est là et pas moi. Terrible fin pour un rêve impossible que j’ai nourri.  Mettre sa vie sur pause avant même que ce ne soit nécessaire de le faire pour vrai. S’enfermer dans l’impossible. Nourrir le peut-être. Je dois sortir de ce vortex. Je dois allumer d’autres feux. 

Je dis souvent que demain sera fait de mieux. Mais il commence quand demain? Bientôt je l’espère. Car je ne m’y rendrai pas. 

Seul comme un condamné devant l’échafaud, seul comme l’innocent devant son bourreau. Parce qu’on a passé la vie sans l’avoir. On se trouve seul devant son miroir. (Don Juan- Felix Grey)

mercredi 29 janvier 2020

Et si pour une fois...

Et si pour une fois, j'arrêtais le hamster qui vit dans ma tête de rouler.
Et si pour une fois, je et demain allaient de paire.
Et si pour une fois, je fantasmais sur le possible.
Et si pour une fois, le petit dodu qui est en moi faisait dodo.
Et si pour une fois, j’avais une vision claire malgré une vue déficiente.
Et si pour une fois, la solitude d’en dessous ne m’effrayait plus.
Et si pour une fois, j’agissais pour moi et que pour moi.
Et si pour une fois, il y avait d’autres fois....

vendredi 29 novembre 2019

Y a juste les fous qui changent pas d’idées.

Ça m’a toujours fait rire cet adage. Changer d’idées ne tient pas de la folie. Du moins, je pense. Je flirte avec le dilemme en ce moment. Je pense que je me suis trompé, que j’ai fait une erreur. Clairement, partir en neuf n’était qu’une façon que de sortir le vieux de mes tiroirs. Mes vieux rêves, mes vieux projets, mes vieilles peines, mes blessures poussiéreuses. Comme si les cinq derniers moins n’amenaient à réaliser que de me sauver n’était pas la solution, mais seulement le moyen le plus rapide de préparer la suite. 

J’ai l’impression que mon quotidien de Bas du fleuve n’était qu’une façon de cesser de m’étourdir et de me donner le temps de connecter avec mes déceptions, avec mes lubies. Y a-t-il une honte à vouloir retourner en arrière. Pas pour la nostalgie mais bien pour la valeur qu’on n’y voyait plus.  Je me souviens de la frénésie et l’excitation que l’idée d’aller vivre en ville me donnait. De mon concept d’urbanité. De mon souhait de m’ouvrir au monde. Et je dois avouer ce soir que je réalise avec grande peine que ce n’est pas ici que tout cela va arriver.

Je me souviens aussi de ma vision de la famille. La famille qu’on se choisit. Celle qui nous entoure dans les bas et qui nous propulse vers les hauts. Je pensais avoir trouver une personne qui pourrait m’aider à me réaliser professionnellement, qui me ferait devenir une meilleure personne. Une personne qui me ferait m’aimer autant que je l’aimais. Mais ça non plus, ça n’arrivera pas. Je le sais maintenant. Et c’est l’une des plus grandes déceptions de ma vie.

J’ai 39 ans et je ne veux pas être fou. Je veux pouvoir changer d’idées. Je veux pouvoir être là nouvelle fugueuse, l’enfant prodige qui annonce son retour. Riche de cette pause. Fort de cet interlude. Nourri par cet entracte.  Mais par où passer? Quel est le bon chemin à prendre cette fois?

Parce que le sentiment de recul est omniprésent dans ma tête en ce moment. La peur de me tromper de nouveau. La crainte de faire fausse route encore une fois. Être une girouette ne fait pas partie de mon plan de vie.  Mais en ce moment, je ne pourrais le décrire mon plan de vie. J’avais un souhait professionnel, un duo de choc en tête. L’envie de construire quelque chose. Mais comme le chantait si bien l’autre, ce n’était qu’un rêve... 

Alors, je fais quoi maintenant? Je vois entends me dire qu’il faut que je pense à moi, que je guérisse d’abord. Que cette pause loin du stress de la ville avait peut être pour but de me donner toutes les chances de guérir.  Mais pour l’instant, je me sens niaiseux. Naïf. Stupide d’avoir cru que ce renouveau serait facile.  J’ai aussi peur que mes prochains moves soient menés par la facilité. Celle de retourner dans un confort qui ne me nourrissait plus dans le fond.  

PremierTech. Vidéotron. Philippe. Pierre-Paul. Dominic. Mes amis. La radiothérapie. La guérison. La famille. Le cancer.  

Ma tête déborde. Mon cœur saigne. 

samedi 5 octobre 2019

La solitude.

Ce soir, je me sens terriblement seul. Y a quoi au bout de ce chemin? Y a qui? J’entrevois les prochains mois difficilement et j’aurais tant aimé que tu sois là. 

Pour me tenir la main. 
Pour me botter le cul. 
Pour me dire que ça va aller. 

Mais j’ai 39 ans. Je suis loin. Loin de moi. Loin de toi. Loin de nous. J’ai peur que plus jamais il n’y ait un nous dans ma vie. Que je suis condamné à la solitude.

Je le sais, je ne m’aide pas. J’essaie de tout vivre seul. Pensant que c’est la bonne chose à faire. Le bonheur des autres me pèse. Tout me pèse ces temps-ci. J’ai l’impression que jamais je n’en verrai le bout.

samedi 14 septembre 2019

Le plan de match.

Il devient de plus en plus nécessaire. Essentiel même que je reprenne les rennes de tout cela. Les changements ont pris le dessus mais je leur associe beaucoup trop de responsabilités dans tout cela. C’est toujours bien moi qui a enclenché cette série de changements. 

Ma faute.
Ma responsabilité. 
Ma vie.


vendredi 13 septembre 2019

Le bonheur des autres

La jalousie. L’incontrôlable. Celle qui n’est pas logique. Celle qui découle du bonheur des autres qu’on voit de loin, par le biais d’une petite fenêtre qui donne sur leur vie. Celle qui découle du « Pourquoi pas moi? ».

Faut que je donne un coup de barre. Encore une fois. Question de rendre quelqu’un d’autre jaloux moi aussi pour une fois. Je suis en manque de bonheur, de facilité, de douceurs. Mais on trouve ça où tout ça au travers du reste? Je me sens comme si j’avais les yeux plein de bouette ( même si c’était juste un, même combat dans mon cas!!!) Je veux et j’essaie. Je vous le jure.

Mais aucun résultat il me semble. La fuite n’aura rien donné au final. Je vous entends me dire : « Come on JS, tu pensais quoi? ». Probablement que ça ne me retrouverait pas au bout de la 20. Que j’allais être plus fort que la machine pour une fois. Mais j’ai vu trop grand faut croire. (Pas de blague ici, un moment donné on va en revenir!). Je suis un gars de 39 ans beaucoup trop naïf.

Et me voilà au bout du monde, malheureux à la job et malheureux pas à la job. Même endormi le sommeil me fait chier. Mais je vous entends encore me dire de focusser sur ce qui est sous mon contrôle. Mais je dois avouer que je sens que je ne contrôle plus rien. Nada. Sweet pantoute. Fuck all.

Et me contenter? Et boy, juste de l’écrire j’ai envie de pleurer. De crier. D’envoyer chier la planète. Je pensais que prendre du recul aiderait. Mais j’avais omis de considérer que j’étais un control freak. Mais que voulez-vous? Je pense que c’est mon karma au final. Qu’à défaut de me contenter, je me résignerai. Parce qu’il faut bien qu’il y ait un estie d’après un moment donné. Juste un après. Parce que je veux être dans le avant de qqchose.

samedi 7 septembre 2019

Mistral Gagnant

Je le sais. Ce blogue est devenu un dialogue plus qu’un éditorial. Une conversation a sens unique qui n’a justement pas de sens. Mais elle me fait du bien cette jasette. Elle vaut bien toutes celles sans but dans les bars que j’entretiens depuis quelques mois. Parce que je t’entends me répondre. Peut être la seule façon que j’ai que de me souvenir de ta voix. Parce que le temps t’emporte avec lui. Comme le rire des enfants.

Francis a décidé d’aller te rejoindre la semaine passée. Un autre triste départ. Trop tôt. Trop jeune. Trop toute. Dis moi que de là-bas tu as tenté de le dissuader de poser ce geste. Que tu lui as dit que tu t’étais trompé. 
Que tu regrettais de nous avoir autant blessé. 
Que ta mort en avait fait bien d’autres. 
Que tu ne voulais pas ça pour lui. 

30 ans calvaire. Une maîtrise toute fraîche en mains. Un avenir. Du temps.  Joe est anéanti. Max détruit. Ils ne sont plus que deux de votre quatuor à porter toutes vos peines, à avoir le poids de se souvenir. Pour vous quatre. C’est pas correct les gars.

Et même moi, à 509 km de tout ça, ça ne fait que réouvrir plus grande la plaie qui ne finit pas par guérir. 
Ça me rappelle combien il est douloureux de perdre. 
De sentir la vie perdre son sens. 
Parce qu’on va se le dire Babe, ça pas de calisse de bon sens ce que vous avez faite. Je sais, tu me l’as écrit. Mais calvaire, fallait penser aux autres un minimum. Même dans ta mort, tu blesses autant. 

Pis vous pensez que ça nous fait quoi à nous qui restons. C’est supposé nous faire aimer la vie davantage? Nous faire réaliser combien c’est précieux, fragile? Ben non estie. Je vais te le dire ce que ça fait. Ça fait juste nous donner l’idée que c’est peut être plus facile de choisir de renoncer. Nous dire qu’on mérite pas de vivre cette peine provoquée, parce qu’elle fait juste s’ajouter au lot de peines que la vie nous impose déjà. La vie c’est pas Dangerous Mind colisse. Y a pas de morale réparatrice à la fin sur un air de Coolio. 
Y a juste de la peine. 
Y a juste le manque. 
Y a juste le vide. 
Le vide. Ce putain de sentiment qui nous habite même endormi. 

Laisse moi parler, j’ai pas fini. Tu auras toutes mes nuits pour venir me hanter. M’expliquer le pourquoi du comment avec ton jargon de psy. Pour le moment, je te poivre! PP my love, savais tu que tu créerais ainsi un précédent? T’es pas mieux que ton père au final. Tu auras toi aussi causer la mort de quelqu’un. Pas la même histoire, pas la même arme. Mais ta mère n’a pas souffert 10 mois elle. Francis lui, oui! Je t’en veux tellement. On me disait que la rage et la colère étaient des étapes normales du deuil. Pour moi, ce sont pas des étapes du deuil. Ce sont le deuil dans sa totalité. Parce que c’est tout ce qu’il y a. Rien de plus. Sauf le vide. Le crisse de vide. 

Je t’ai écouté tu sais. J’ai lâché prise un minimum. Me suis éloigné de mon stress pour me rapprocher de moi. De l’eau. De l’Est. Mais tu sais quoi? Y a rien icitte, même pas moi. Du matin au soir, tu me hantes. Et la nuit, tu me tues. Mon cancer au final, c’est toi.  Le méchant, c’est pas moi. 

mardi 27 août 2019

Le mal de l’être

Ok. Beaucoup de bouleversements. La vie va trop vite. L’odeur de mort aussi. Je vous entends me dire de me calmer, qu’on en est pas là, que la perte d’un œil ce n’est pas la fin de tout. Mais je ne me sens tellement pas bien dans mon coeur depuis 1 mois. Comme si je savais que mon nouveau locataire lorgnait la propriété de mon être. Et ça me fait mal cette fois-ci. Plus que les autres fois. Par manque de solidité peut-être? Tout simplement par épuisement et résignation aussi... 

Dans 1 mois jour pour jour, tu seras parti de ma vie sans crier gare. Tu me l’as écrit et je t’entends me lire cette lettre en permanence. Tes mots résonnent : « ça va bien aller » me disais-tu. Tu me l’as écrit en fait car tu étais trop loin pour me le dire. Pour me le souffler à l’oreille. Mieux qu’un « je t’aime ». Une promesse d’éternité hors de ton contrôle. Mais tu es parti. Et j’ai désormais peine à croire...

Peine à croire que je vais m’en sortir sans trop de heurts. 
Peine à croire que ça va bien aller.
Peine à croire que je vais passer au travers seul cette fois.

Parce que la vie ne cesse de me rappeler que j’ai choisi la solitude au pays des vents et du temps. Que l’être aimé est impossible. Que la main qui me flatterait le dos pendant que je vomis ma vie n’existe pas. N’existe plus. Et c’est ce qui me blesse le plus je pense. Une cicatrice sans fond. Sans guérissures. Une plaie infinie.

Et que me reste-t-il à espérer maintenant? Tout ce que je vois, c’est la peine.
La mienne.
La leur.
Mais c’est la tienne que je voudrais. Juste la tienne.

Ça me tue. Tout simplement. Encore et encore.  Des fois je me dis que ce n’est pas seulement ta vie que tu t’es enlevé. Mais une partie de la mienne aussi. Celle qui était forte pour nous deux. 

T’as pas idée comme j’aimerais tant recevoir un texto de PP my love. 
Un Yo! comme signe de bonjour. 
Un i2 en guise de Je t’aime  aussi. 
Un Je le sais comme écho à ma tristesse. 

Je sais que tout cela est impossible. Que même dans mes rêves tu te fais de plus en plus rare depuis quelques temps. Comme si le temps faisait son œuvre. Mais je ne lui ai rien demandé moi à ce temps. J’arrive à peine à me souvenir de ta voix. J’ai perdu ton dernier message sur ma boîte vocale récemment. Un oubli de ce que changer de fournisseur mobile impliquait. Je comprends mieux la détresse de ces clients qui me faisaient des plaintes en ce sens et à qui je disais comprendre leur peine. Ostie que je comprenais rien. Jeune écervelé que j’étais. Jeune et con. Maintenant je sais...

Le cancer, c’est de la marde. 
Inexplicable. 
Intolérable. 
Intangible. 
Intense. 
Interminable.

Ce soir, j’espère m’endormir avec mes nausées dans le seul espoir de te rejoindre l’espace d’un rêve. Pis si jamais tu venais pour me chercher, je pense que je te suivrais. Juste pour que tout cesse. Une fois pour toute. Mais jamais je ne ferais aux miens ce que tu as osé me faire. Certes je n’ai pas su t’entendre. Je t’ai fait mal. Je t’ai blessé. Je l’ai bien compris. Mais s’il te plaît, arrange toi pour qu’on me laisse tranquille un peu. Je ne peux pas fuir plus loin. Je ne peux plus espérer davantage. Je n’en peux tout simplement plus.

Pierre-Paul. Je t’ai aimé et t’aimerai toujours. Autant que je te hais. Alors, imagine à quel point je t’aime...

Murmure moi que tout cela va bien aller... 

mardi 6 août 2019

Le grand retour.

Et voilà. Sans crier gare, te revoilà de retour par la grande porte. Tu ne t’es pas annoncé, mais ce genre de visite, on le sent. On se lève un matin pis on se dit : me semble que ça fait longtemps que je n’y ai pas pensé. Comme un ex ou un vieil ami dont on n’a pas eu de nouvelles depuis plusieurs années et qu’on croise fortuitement au centre d’achat. Comme si la vie nous y préparait à sa façon. Sournoise. Inattendu mais ô combien prévisible.

Deux heures de route aux aurores pour me faire dire ce que je savais déjà. Tu as convaincu une amie de te joindre à toi. Bien installé sur ma vision du futur. Mon déménagement à 500 km pour te fuir m’aura encore une fois rapproché de toi,

Mais je suis tanné de toi. De vous maintenant. J’abandonne. Je baisse les bras. Prenez ce que vous avez à prendre. Je me chargerai de gérer le reste.

Pourvu qu’il y ait du reste ...

lundi 29 juillet 2019

Les peines d’amitié

... sont pires que les peines d’amour!

J’en ai eu quelques unes dans la vie. Certaines pires que d’autres. Des liens de toxicité dont il est souvent préférable de s’éloigner.

Mais certaines font plus mal que d’autres. Celles que l’on croyait plus vraie que vraie. Des bromances pour lesquelles on changerait de vie. Littéralement. Croyez-moi, je sais ce dont je parle.

Découvrir qu’on estime le lien plus que l’autre. Que l’on fighterait plus que l’autre. Que l’on tuerait plus que l’autre. Et finalement. On découvre qu’on est dans la colonne de Zone C comme ami.  Décevant. Triste. De quoi être en tabarnak.

Comme je vous disais, la toxicité du lien des fois réussit à nous aveugler. À nous laisser croire à une solidité quand dans le fond, ce n’est qu’une illusion de classe A. Ce soir, j’ai de la peine. Je me sens comme une petite conne sur Tinder. Tsé, celle à qui on jase au cas qu’on serait tout seul le vendredi soir. Un plan de secours.  Ben des fois la petite conne, elle y a cru. Je suis clairement une petite conne. 24 ans maximum. Rien de bien valide, rien de bien solide.  Juste une conne. Rien qu’une conne.  Je l’ai tu dit que je me sens comme une conne. Lol 😂 

Et maintenant, on fait quoi? On jette le tout avec l’eau du bain? On passe à autres choses comme si le mercredi tournait au jeudi.  Aussi simplement que ça?  On dit ce qu’on ressent? Question d’être la conne que l’on flushe en haut de la montagne? Y en est juste pas question.  Le hic, c’est que des fois le module « orgueil » doublé du système « fierté » est toujours en action.  Mes 38 ans hurlent le besoin de dire qu’ils ont vécu et qu’ils ont appris au cours du parcours.  Mais crisse qu’ils ne savent rien.  Crisse qu’ils n’ont rien vu aller.

Crisse que je suis une petite conne de 24 ans. 

vendredi 12 juillet 2019

Au sommet de la trentaine

Cette semaine, tu aurais eu 35 ans. Le top de la côte de la trentaine comme tu disais.  J’y étais quand nous nous sommes rencontrés au détour de cette bibliothèque de Rosemont. Mais tu n’étais pas là pour célébrer. Tu as fait l’autre choix. Et je te déteste encore pour ça.

Tu m’as laissé un message avant de partir. Tu me l’as écrit pour être certain que je ne l’oublie jamais. Comme si je pouvais oublier... Tu me demandais au détour de ta 3e page de faire le grand saut moi aussi, de tenter le vide pour une fois. Et bien pour ta fête, voilà ce que je me suis payé : le vide. Tout autour de moi. Et même de plus en plus dans ma tête.  Parce qu’il était plus que temps, parce que je ne le devais à moi même.

Je suis donc parti dans l’Est comme tu le sais. Pour une nouvelle vie. Pour une nouvelle job. Pour un nouveau moi.  Tout n’y est pas encore parfait. Parce que tout n’y est pas encore, tout simplement.

Ma demande ce soir est simple. Arrange toi pour que ce soit le bon choix. Pierre-Paul, je te promets de ne pas t’oublier. Promets moi de veiller. 
Simplement.

mardi 25 juin 2019

Le virage.

Et voilà que je me lance. Vers l’inconnu. Vers demain. Vers l’Est! Je viens de mettre fin à 10 années professionnelles au sein de la même compagnie. Un exploit dans mon cas. Une marque certaine ou une certaine marque. Je ne sais trop. Mais ce que je sais, c’est que je suis fier.

Fier de ce que j’aurai accompli en 10 ans...
Fier de l’homme que je suis devenu, avec mes imperfections et mes idéaux.
Fier de lâcher prise au final et de foncer vers l’inconnu
Fier de mon intégrité que je croyais morte
Fier de faire les choses à ma façon, de ne pas contribuer à la pièce de théâtre
Fier de miser sur les relations humaines sans intention

Mais surtout fier du courage que j’ai de faire table rase sur une vie qui ne me nourrissait plus. De faire un choix conscient pour moi, pour une fois.  Je vous entends me dire :  Ben oui JS, ça va durer deux semaines et tu vas revenir dans tes vieilles habitudes malsaines. Autant au boulot que dans ta vie perso...  Et bien, vous aviez raison. Mais là, je sens une autre vibe, comme si 2001 revenait de l’avant. Je renoue avec quelque chose que j’avais perdu et que je retrouve tranquillement dans le Bas du Fleuve. Un beau cadeau, merci la vie! 

Nos rêves ne sont des rêves qui si on ne se les permet pas! 

N’est-ce pas?

mardi 5 mars 2019

A-t-on le droit?

Ce soir, je te déteste. 
T’aurais dû être là. Pour moi.
Mais égoïstement t’as décidé de partir. 
De lever les feutres.  Pour toi.
A-t-on le droit de critiquer son absence à un suicidé?
De tenter de comparer sa peine à la sienne...
Pierre-Paul, ce soir, je te déteste.
T’avais promis.  J’avais omis.
Ce soir, je me déteste tout autant....

dimanche 24 février 2019

Comme un coup de pelle dans face!

Vous le savez, je l’ai si souvent écrit et encore plus souvent pensé : la vie est une salope! Mais une salope de classe. Elle a ses propres moyens de nous ramener à l’ordre, de nous dire : « Minute Minou, tu pensais vraiment que je te le passerais free! Cuuuuuuuute! ».  Ben non, pas une salope à temps partiel. Constante, acharnée et somme toute prévisible des fois.

C’est une boucle d’oreille qui a eu le dernier mot récemment. Une boucle d’oreille plus forte que le cancer. Elle aura réussi à faire ce que personne avant n’avait pu : me faire prendre un arrêt de travail! Un temps de pause, de réflexion. Un temps pour la guérison, autant celle du dedans que du dehors.  Et ben, une estie de boucle d’oreille pour que je m’écoute davantage. Ironique non?

Mais vient avec ce temps d’arrêt beaucoup trop de jus de caboche. De remises en question et de deuils inachevés. Pas que des récents, plein de vieux aussi. Et je ne peux pas me sauver, parce que même mon pied m’a abandonné dans cette aventure. Parce que me sauver, j’aurais aimé. Faire ma moufette pour un deuxième fois au Portugal, louer un Airbnb à Tremblant et faire semblant que j’aime l’hiver ou tout simplement aller me faire griller le gras sur une plage du Sud entre deux Mojitos.  Mais pas de fuite cette fois-ci. Juste l’obligation de faire face.  Encore.

Je dis encore, mais dans le fond est-ce vraiment déjà arrivé pour vrai? Je veux dire est-ce que LA pause est-elle déjà survenue? Je ne pense pas. Je l’ai entrevue. Je l’ai sentie. Je l’ai même presque vue (à moitié).  Mais je pense que c’est le temps que je m’accorde ce temps là. Pour moi. Pour les autres un peu. Pour le mieux. Mais estie que ça me fait peur. Je suis tétanisé à l’idée de ce que je vais trouver en-dessous du tapis. Celui en dessous duquel je garoche tout depuis des années. Peur de ne pas être en mesure de faire face. De gérer.  D’en survivre.  Je le sais, c’est trash mais ma peur est irrationnelle.

Et voilà que le temps file et que j’entrevois les prochaines semaines avec une certaine crainte.  Ma démobilisation au travail, mes deuils à venir, ma latence qui me pèse... tout cela, c’est juste trop! 

Je suis rendu là, à trop...

samedi 19 janvier 2019

L’attrait du changement

Des fois, je me fais des scénarios. Ok. Je me fais des scénarios tout le temps, je suis d’accord. Depuis quelques semaines, je vois le après. Je vois le nouveau. Je sens l’air du Bas-du-Fleuve me dire que le possible est dans son coin.

Ça me donne le Vertige avec un grand V. J’ai chaud, je m’imagine déjà changé de char et aller vers un condo à saveur de meute de loup. Jeune. Branché. Mais plus métropolitain. Mais ça me tente. Faire mes boîtes et changer. Juste changer.

J’avais un doute de l’issue de toute cette mission professionnelle à prime abord mais ô combien personnelle quand tu prends la peine de creuser un tant soit peu. M’éloigner de Montréal, c’est m’éloigner de lui pour me rapprocher de l’autre. Celui que j’ai occulté. Mais depuis le Portugal, il est partout. Il me suit. Il me hurle qu’il existe. Cet autre, c’est moi! 

Alors je croise les doigts pour le changement de pointe le bout du nez cette semaine. J’espère que ça se pourra. Fort. Fort. Fort.

lundi 31 décembre 2018

Et voilà que 2018 tire **enfin** sa révérence ....

Une autre année qui passe le relais à une nouvelle.  Malgré tout, je ne peux dire que je l'ai détestée cette année.  J'en retire beaucoup de positif, mais aussi quelques blessures de plus.   Ou de bien vieilles qui se sont ré-ouvertes... 

Une année sous le signe de la perte, que ce soit la vue, les illusions ou bien les plus que proches.  Quoiqu’il  n'en soit, donnons sa chance à 2019, faisons plutôt notre chance en fait...

Vous connaissez le concept, une lettre un mot un concept ... that's it!
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Amitiés
2018 aura été une année de laine minérale : isolante. Mais un isolement par choix, celui d'investir dans les amitiés positives et bidirectionnelles. Quelques déceptions au final, peu de réelles peines.

Boss
Nouveau patron.  Nouveau leader? Très différent de mon leadership en tous les cas.  Apprivoiser? Dompter? Se soumettre? Me sauver? Je ne sais pas encore pour laquelle des trois avenues j'opterai en 2019. Steele waiting ... ;-)

Cancer de marde
De retour. Plus que jamais. Comme une vieille connaissance, un cousin Germain qui revient sans cesse. Pourquoi ? Je ne cherche plus à comprendre, j'essaie simplement d'accepter. De lutter.  Amène toé bro, je suis prêt!

Demain
On y est je pense bien. Sera-t-il fait de mieux ??

Empathie
Parce que c’est grâce à cela qu’un rêve prend forme pour moi à l’aube de 2019. Un projet solo qui est devenu en duo. Deep dive communications qui donnera sa première conférence sur l’empathie au travail et l’expérience client. Trippant. À suivre.
Fillettes
Je suis gaga de ces fillettes.  Inquiet, heureux et triste aussi.  Si adorable.  Un beau cadeau de la vie s'il en est un des deux dernières années.  Le bonheur de la famille réside dans leurs beaux grands yeux.  Lourde responsabilité pour de si petits êtres.

Game of thrones
Mon environnement de travail, les dragons en moins.... quoique ....

Habibi
Je dois l'avouer, l'un de mes points phares de 2018.  Parce que ça m'a redonné le sens que je cherchais à mon boulot.  M'a rappelé celui que je voulais être dans la vie.  Parce que sa déception est aussi la mienne.  Le Portugal aura pour moi mis une majuscule à Amitié. Pis parce que de se faire challenger par de l'intelligence pure dans un corps d'Adonis, y a pire dans la vie!

Indifférence
Le retour de Jem'encolisse Talbot x1000 cette année.  Comme quoi, quand quelqu'un me déçoit au plus haut point dans la vie, je deviens une bombe d'indifférence envers cette personne.  Beaucoup plus de gens dans cette catégorie en 2018.  Voir lettre G.  Lol.

Jalousie
Ne pas savoir ce que l'on vaut, des fois, c'est espérer être l'autre.  Posséder l'autre.  Être sa possession.  Et je vous le dis, ce n'est pas 560km m’aura aidé  à diminuer ce sentiment.  Ni même Messenger.  Voir lettres H et P.

Kilos
En 2018 pas loin de 30 lbs de plus m'ont quitté.  Bam! Parties! Pas pour les bonnes raisons, mais toujours pour la bonne cause.  Mais arrêtez de me demander comment je fais, j'aime beaucoup trop créer un malaise.... Voir lettre C.

Lâcher prise
Ma mission pour 2019, parce que pas assez présent en 2018. Prendre une distance et se recentrer.  Laisser aux autres l'imputabilité de leur bonheur pour mieux reprendre la mienne.  Protéger mon cœur.  Protéger mon moral.  Et reprendre les rennes de ma vie...

Mieux
Pas le meilleur.  Juste mieux.  Point barre.

Neandertal

J'ai un envie folle en 2019 de reconnecter avec la base, avec l'individu primal et primaire que nous fûmes autrefois.  Trop cave pour penser trop.  Juste survivre. Juste être.
Opportunité 

Oh tout simplement parce que j’en aurais raté quelques unes en 2018. Professionnelles surtout. Personnelles aussi.  À ne plus répéter en 2019. Voir lettres B, H et P.

PP

La seule lettre qui en la doublant a fait de mon 2018 une année différente, une annne pivot dans ma vie.  Nouvelle.  Heureuse.  L'amoureux transit rencontré dans le détour d'une bibliothèque de clown.  L'amour, la passion, les projets, la peine, la douleur, l'ennui, la peine, la très grande peine, le deuil et le manque. Comme si chacun de ces mots valaient les autres 1000 fois au détour d'une journée de joies ou de peines.  Mon cœur, je ne sais pas ce que la vie aurait pu nous réserver au nous, au toi et au moi.... Je nous souhaite de toujours pouvoir se rejoindre dans cet alcôve du Nord ou sur ce belvédère surplombant la ville et se rappeler combien il nous aura été bénéfique de se dire ces mots ...  Je t'aime.  Pour toujours. Promis. 
Car je voulais pour nous deux bien plus qu’une croyance. Alors je t’ai trouvé une sorte d’église xx
Québec

Je n’y ressens plus le même attachement. Comme si la maison s’était déménagée d’elle-même. Je cherche encore où elle s’en est allée.  Un chez moi. Un nouvel alcôve, un nid nouveau genre.

Rivière du Loup
On croise les doigts pour un nouveau départ en 2019. Nouveau défi. Nouvelles opportunités. Nouveau toute!!!  

Sexe
Certainement l’année sexuelle la plus riche. Pour la première fois, je pense m’y être abandonné sans réserve, sans honte et sans doute. Je me souviens d’avoir dit « Je suis à toi » pour la première fois, sans contrôle et sans gêne... je dois être prêt pour l’île du plaiiiiiisiiirrrr!

Tourner
Brille, le soleil brille
Bleu, le ciel est bleu
Demain sera fait de mieux
De jour en jour ça s'améliore
Je fais tout tout de mon plus fort,
Je sens que le vent tourne
Je sens aussi que ça me retourne
Change et change de côté
Change et change encore
-Daniel Bélanger-

Université 
Ça me titille tellement depuis quelques mois.  Un dossier de MBA plus tard, je pense bien que je vais me lancer en 2019. Un brin de crédibilité sur un CV à partager.... ouf, mais 4 ans... ouf et re-ouf!

Voyages
Le Portugal. Enfin. Bon pour l’âme. Le premier d’une longue série,  croyez-moi! France, Grèce, Scandinavie et retour au Portugal... Des projets plein la tête.. Et la Corse. Voir lettre P.
WTF
Je ne crois pas qu’il soit nécessaire de développer ici sur le sujet. Juste un WTF bien senti à 2018.  Et de grâce, ne me dites pas que rien n’arrive pour rien... des fois, ça arrive pour rien! 
X professionnel 
On dirait bien qu’en 2018, j’ai compris ce que je valais. Professionnellement parlant. Une expertise exportable de plus en plus. Et qui est mienne de surcroît. C’est bon.
Yes man
Je réalise que j’ai de plus en plus de difficultés avec les gens qui se conforment au moule sans questionner. La vie est trop courte pour se contenter de suivre la parade.  Organisez là et gérez la!

Zone de confort
Oh que je m’en suis éloigné. À plusieurs égards. Enfin.

samedi 10 novembre 2018

L’illogique humanité

Ne pas comprendre m’épuise. Tout simplement. Le constat de la semaine. Ce qui semble si évident pour moi et que personne ne semble comprendre. L’inattendu. La surprise. Et pourtant tellement évident.  Mais pire encore. L’évidence pour tout le monde qui semble m’échapper. Me glisser entre les doigts. Tout bonnement. Innocemment. En vain.

Beaucoup de changements depuis mon dernier post. La perte de l’amoureux transi.  Par perte comme dans je ne l’ai plus avec moi car il est ailleurs.  Plutôt comme dans il ne se possède même plus lui même.  Il est parti voir plus haut si le bonheur si rare ici bas existait.  Une vie de peine qui se termine en peine de vivre. Triste sort. Je le sentais. Je le craignais. Cela faisait partie de l’univers du possible. Et je n’ai rien fait. Je n’ai rien dit. Je m’en voudrai toute ma vie.

Ne pas comprendre m’épuise comme je disais. Cela, je ne me comprends pas. J’ai un doute. Mais je ne le comprends pas.  Plus d’un mois depuis la triste nouvelle. Plus d’un mois que je verse des larmes de culpabilité au détour d’un souvenir, d’une pensée ou d’un rêve. Oui d’un rêve. L’autre nuit, je lui ai parlé et me suis éveillé  bordé par mes propres larmes. Une discussion à sens unique. L’écho ne me renvoyait que l’image de son sourire. Si beau. Si franc. Si déboussolé.

Ne pas comprendre ce que son cœur et sa tête tente d’échanger. Un discours de sourd. Ou d’aveugle dans mon cas.  Ma tête tente de raisonner la culpabilité que mon cœur ressent. La peine aussi. Et que dire de la colère. Celle avec qui je flirtais depuis le cancer. Depuis l’autre perte de 2018. Ironique quand même. Celui qui m’a accompagné au combat n’avait au final que des armes à retourner contre lui : son courage, sa tête dure, sa volonté et son organisation.  Parce que c’était salement organisé.  Au quart de tour.  

Me dire dans une lettre qu’il voudrait m’aider à comprendre, qu’il sait que je n’y arriverai pas.  Malgré lui. Malgré moi. Surtout malgré moi.  Il a bien beau me souhaiter le meilleur, mais quand tu deviens source du pire, ce n’est pas évident.  Pas cohérent. Pas juste.  Me dire dans une lettre que je suis lumineux.  Que je crée ma propre ombre. Me dire de m’aimer suffisamment pour tourner la page, pour me laisser atteindre, pour perdre pieds.  Me dire que les erreurs font partie du passé, qu’elles sont celles qui construisent le futur en fait.  Ce soir, j’ai un peu bu et je relis ces pages qui ne m’aideront pas plus à comprendre. Malheureusement.

Pierre-Paul aura été important dans ma vie. Il y aura eu le JS perdu d’avant 2015 et le perdant de 2018.  Mais entre les deux, j’aurai été témoin de tranches de réel bonheur dans sa vie.  Dans la mienne. Dans la nôtre. Il y aura eu un nous, le dernier en lice. Le seul probant. Mon petit demon, je t’aime autant que je te hais ce soir. C’est de bonne guerre. Ce n’est qu’un retour d’ascenseur.

Je ne comprends pas. Je me force. J’essaie. J’échoue. Encore...

PP my Love 
1985-2018


lundi 27 août 2018

Rire.

Ça fait un bail. Un satané bail que je ne me suis pas esclaffé de rire. M’en suis rendu compte aujourd’hui. Dans le détour d’une marche au centre-ville. Une touriste probablement. Bien entourée comme ils le sont toujours. Je ne connais pas le contexte. Mais ce rire. Gratuit. Aucunement forcé. Spontané même. Un rire comme j’en ai tant eu. Souvent. Mais qui depuis quelques temps est disparu.

Je ne sais pas pourquoi ce rire m’a quitté. Bon ok, je dois avouer que j’ai un léger doute. Mais pourtant, on me dit résilient. On vante mon attitude. Mais je l’ai perdu ce morceau là. La fonction ne fait plus partie de ma dernière mise à jour faut croire. Et ça me désole.

Je pense que la dernière fois que je l’ai capturé ce rire, c’est un soir dans un bar où je ne l’attendais pas. La situation est cocasse. Mon amie tombant de tout son long de sa chaise au beau milieu d’un bar du quartier des spectacles. Sans crier gare. Pouf par terre. Un mauvais ami que je suis me direz-vous! Mais l’espace d’un instant, je suis sorti de ma tête pour rire comme si j’écoutais America Funniest Home Videos la l’époque des dimanches soirs en famille. Bob Saget allait sortir de nulle part pour nous faire son punch line. Mais rien depuis.

Je me souviens de l’époque des camps où se couchait en chaîne, la tête sur le ventre de l’autre pour démarrer une chaîne de rires.  Y a rien de drôle à se faire shaker la tête sur le gras de bedaine d’un collègue. Mais ça marchait. Un symptôme de l’insouciance peut-être. Ou un trop plein de régime à la sauce brune. Mais du rire, il y en avait à la tonne.

Je travaille malheureusement dans un milieu où rire trop fort est mal vu. Un signe de paresse ou de non productivité. Au royaume des jeunes loups, il vaut mieux démontrer que chaque minute de travail est investi pour mieux exécuter un plan Qualité médiocre. Trouver la solution au manque d’unités en ce troisième trimestre. Comme si l’avancement dépendait de notre façon de se comporter en métropolitain carriériste ayant soif d’avenir. Foutaise. Un bon fou rire ferait le plus grand bien à certain. Peut-être s’il se couchait la tête sur ma bedaine? Qui sait...

Me voilà au point où j’ai envie de rire. Un vrai de vrai rire gras. Soudain et faisant le plus grand bien. Ai-je un ami qui veut se sacrifier et prendre une débarque pour moi?

mercredi 1 août 2018

En mouvance.

Le mouvement, on ne le voit pas toujours. Il peut être à ce point subtil qu’on le croit statique, immobile.   Mais c’est en prenant le temps et du recul que l’on en observe les signes. Principe de la précession pour les astres.  Sans trop s’en rendre compte, la lune aura suivi son cours au fil de la nuit pour terminer sa course à l’aube.  Et bien je suis dans cet esprit de mouvance : lente mais certaine.

J’ai atteint le point où je dois changer d’objectifs, changer de contexte et me mettre en mouvements. En mouvements vers quoi ou vers où me demanderez-vous? Tout simplement vers ailleurs.  Vers demain.  Vers moi.  Je n’en peux plus de ce climat et de cette culture dans laquelle je baigne.  Je n’en peux plus de ce reflet que me retourne systématiquement le miroir.  J’ai besoin de neuf. J’ai besoin de mieux. J’ai besoin d’inconnu.

Professionnellement, je ne suis même plus à la croisée des chemins. J’ai franchi le carrefour il y a de cela un certain temps je dirais. Une culture de performance où l’autre a perdu sa place. Je me retrouve au beau milieu d’une pièce de théâtre d’été où les bottines ne suivent malheureusement pas les babines. Je suis témoin du sacrifice volontaire de certaines de mes collègues dans un souci de bien commun.  Je ne peux pas endosser cela.  Mon intégrité et ma vision sont mes alliés. Je ne peux les nier. Je ne peux que m’y accrocher.  

Ailleurs.  Autres choses. Mais pas dans quelques pertes importantes au passage.  Des collègues en or que je laisserais.